Éditorial

Etudiant.e.s en information et communication en deuxième année à l’IUT de Paul Sabatier, et dans le cadre du cours de nouvelles écritures web, encadrés par Arnaud Foucher et Brigitte Sebbah, c’est l’initiative citoyenne qui est le sujet de nos reportages.

Une initiative citoyenne, qu’est-ce que c’est, et surtout, pourquoi s’y intéresser ? Elles représentent tout simplement les petites actions de chacun qui rendent la vie de tous meilleure. Elles partent généralement de l’initiative d’un seul individu qui, après avoir eu une répercussion positive sur le quotidien d’un autre individu, s’étend de façon collective sur les différentes collectivités. Elles sont l’essence du bien vivre en société et cette intelligence collective est une façon de rassembler les gens entre eux dans le but de mener des actions pour un meilleur mode de vie.

Grégory, Alice, Isabelle et Coline, nous avons tous les quatre choisi de réaliser un reportage sur l’écologie, et plus particulièrement le ramassage des déchets. Nous voulions, à travers nos réalisations, s’intéresser et présenter les différentes actions qui sont déjà mises en places par tous les citoyens qui nous entourent. Le sujet du ramassage de déchet nous a tous semblé intéressant à traiter car c’est un problème qui nous concerne tous, et c’est à partir de notre niveau que nous pourrons réussir à avoir un sérieux impact dans le but de faire changer les choses. En tant que citoyen, et qu’habitant de la planète terre, c’est dans notre devoir de respecter l’environnement dans lequel nous vivons.

Nous avons donc décidé d’aller se documenter au delà des actions quotidiennes dont tout le monde est le bienfaiteur, nous avons décidé de parler de ces petits groupes émergents qui se bougent pour changer les choses.

Comment ils le font ? En groupe, car c’est grâce à la solidarité de chacun et aux petits gestes de tous que des grands résultats peuvent se mesurer. Une énergie et dynamique de groupe se créé autour des rassemblements sur le thème du ramassage du déchet, qui va au delà des manifestations, des conférences, ou des sensibilisations classiques. Cette dynamique est celle de l’action, de l’accomplissement mesurable, ces rassemblements, ce sont les regroupements des anges gardiens de tous, les nettoyeurs de la planète.

Par quel moyen réalisent-ils leurs actions ? Grâce aux réseaux sociaux, aux hashtags, à Youtube, à Facebook, Twitter, grâce aux influenceurs. Car la planète aussi, a sa place sur les réseaux sociaux, elle aussi, elle a le droit d’avoir des hashtags en son nom et des influenceurs qui mettent en avant ses bienfaits, sa beauté. Une part de ses influenceurs, ce sont les personnes qui ramassent les déchets, qui font des actions pour la planète, qui la protège, la chérisse, la respecte. À travers ces articles, nous allons vous présenter un échantillon de ces anges gardiens, et les idées brillantes qui sont passés dans leur tête pour rendre le monde plus beau.

Grâce à ces articles, nous espérons que vous aussi, vous vous transformerez en ange gardien de votre environnement. Car dorénavant, en regardant un déchet, même s’il est là depuis toujours, même si ce n’est pas vous qui l’avez placé ici, c’est simplement en le mettant à la poubelle que vous deviendrez l’un de ces anges gardiens.

Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la planète.

Benjamin Carboni : acteur du changement

« J’en avais marre de descendre en bas de chez moi et de voir que ma ville était dégueulasse ». Ce ras le bol c’est Benjamin Carboni qui le porte depuis déjà plusieurs mois. Suite à cette prise de conscience concernant l’environnement, il décide de créer un mouvement en 2018 ayant pour but de ramasser tous les déchets présent sur notre route, afin de sensibiliser tous les citoyens pour l’avenir de notre planète. De là est née la Clean Walker.

Pour Benjamin, l’origine de ce mouvement est simple : « Au fil des mois, je me suis rendu compte que chaque matins, j’en avais marre de descendre en bas de chez moi et voir que ma ville était dégueulasse et les rues de plus en plus remplis de détritus.  J’ai alors commencé à les ramasser et j’ai rapidement remplis un sac entier de déchets. Je me suis alors demandé que si chacun prenait conscience de ce geste, celui-ci pourrait avoir un impact énorme. C’est comme ça qu’est née la CleanWlaker. »

Un ras-le-bol partagé puisque depuis quelques mois, le mouvement a pris de l’ampleur. De plus en plus de personnes participent à celui-ci. A ce jour, déjà plus de 20 CleanWalker ont été organisées en France. Ainsi qu’une en Australie.

Quand on lui demande si ce mouvement est officiel, Benjamin est sans appel : «  Le but principal de ce mouvement est de rassembler un maximum de personnes pour nettoyer nos villes. Ce mouvement ne m’appartient pas, il appartient à tout le monde. Donc si une personne veut nettoyer sa ville, elle peut faire une démarche administrative auprès de sa marie. Mais je pars de l’idée que dans ces actions, l’important est aussi de donner un coup de pied aux mairies. Le but  n’est pas de montrer une mauvaise image de la ville ou des employés bien évidemment, mais simplement de montrer que les citoyens ont envie de faire leur part, de se bouger les fesses et surtout que quoi qu’il se passe, cela se fera, même si les mairies ne nous soutiennent pas.»

Pour Benjamin, tout le monde peut changer les choses à son échelle,  chaque geste compte. Alors si toi aussi tu souhaites faire bouger les choses, participe au mouvement et deviens acteur du changement !

Isabelle Fromigué

Quand l’initiative citoyenne tombe à l’eau

Initiative citoyenne qui consiste à marcher en se réunissant pour  nettoyer les villes. De nombreuses CleanWalks sont organisées en France, mais toutes n’ont pas l’efficacité espérée. Pourquoi cela ne fonctionne t-il pas toujours ?

Les citoyens souhaitent que leurs rassemblements soient efficaces. Il y en a donc beaucoup qui ont eu lieu ou qui été planifiées: Toulouse, Nice, Draguignan, Colomiers le 8 Décembre. Ils étaient 5. Voici quelques pistes pour expliquer ces bugs.

Premier élément : les gens “n’ont pas le temps”. Ils ne prennent pas le temps plutôt.

Deuxième élément : les gens ne s’y intéressent pas, ils ne s’informent pas ou ne sont pas informés, du coup personne ne vient.

Troisième élément : les villes demandent des procédures administratives, des papiers permettant à l’évènement de se dérouler en sécurité. Sauf qu’à la base ce n’est qu’une initiative citoyenne, pas une manifestation, seulement des gens qui ramassent des déchets tous ensemble pour avoir plus d’impact et être plus efficace.

Quatrième élément : il n’y a pas de référent dans les villes, chacun peut organiser un évènement avec l’aide de Benjamin Carboni, le premier à avoir lancé ce mouvement. Le fait que parfois personne ne se désigne en tant qu’organisateur, est un frein pour l’évènement car les gens sont perdus donc l’organisation est difficile. Les gens ont besoin d’être guidés même lors de mouvement citoyen.

Ou alors, les citoyens n’en ont juste rien à faire que leurs villes soient sales. Car en effet les villes sont généralement plus polluées que les campagnes, notamment aux alentours des universités et lieux d’enseignement. Les étudiants sont les personnes les moins respectueuses de l’environnement. Mégots, bouteilles en plastique, chewing-gum au sol plutôt que dans les poubelles, jet sauvage de meubles dans les cités U, etc…

Heureusement que certaines personnes et personnalités s’attardent sur le sujet, comme les youtubeurs McFly et Carlito, cela permet de donner un peu de visibilité à des sujets qui nous concernent tous, mais dont peu se préoccupent.

Alice Launay

McFly et Carlito: Les influenceurs pour l’environnement

« Tous ensemble on va nettoyer Paris »

Mcfly et Carlito, 2 pseudonymes que vous connaissez sûrement à travers Youtube. David Coscas et Raphaël Carlier, deux vidéastes humoristes français révélés au grand public. Leurs recettes ? Un véritable buzz en 1 an créant une communauté de 4 millions d’abonnés. Ces deux personnes derrière leurs simple caméra ont réussi à créer une CleanWalker avec des centaines d’abonnés pour nettoyer Paris (19ème arrondissement), suite à un ras le bol de la part de Carlito en voyant une forêt plein de déchets.

Ramassez les déchets qui ne sont pas les nôtres, tous les influenceurs qui se sont réunis sous un hashtag ont eu cet objectif lors de cette journée. Norman, Baptiste Lorber ou encore Jhon Rachid. Ce sont 3000 tonnes de déchets que nous produisons et environ 1 tonne qui sont sur nos trottoirs et qu’il faut donc collecter. En seulement 3h30 de marche et 150 personnes, ils ont réussi à ramasser 140 kilos de déchets. Que ce passerait-il à une plus grande échelle ? Si tout le monde ramassait les déchets de chacun ?

« Moment solidaire qui nous a fait kiffer »

Gregory Boube

Une autre façon de clean-walker : plogging

Plogging : un corps sain dans un environnement sain

Environ 330 millions millions de tonnes de déchets produits cette année 2018. C’est un chiffre qui ne fait qu’augmenter chaque année, et demain, ce sont les déchets qui envahissent la planète Terre. Qui d’autre que les suédois pour remédier – ou du moins commencer à remédier – à ce problème ? Plocka upp + jogging. C’est l’initiative citoyenne mise en place par les habitants du grand froid, le plogging : ramasser des déchets tout en joggant.

Nombreux sont les citoyens qui prêtent attention à leur santé physique, car pratiquer une activité physique et sportive est en effet un bon moyen d’entretenir sa santé physique, surtout après les fêtes de Noël. S’occuper de soi, c’est bien, mais s’occuper de son environnement, c’est mieux. Et c’est ce que les suédois ont compris lorsqu’ils ont créé ce nouveau concept : le plogging. Association de “Plocka Upp” (ramasser) et jogging (activité sportive qui consiste à courir en petites foulées), ce nouveau concept est l’activité tendance du moment. En plus d’avoir un look de pro avec leurs équipements de joggeur.euse pro, c’est le sac en plastique qui leur servira à ramasser les déchets qui vient boucler le style du joggeur écolo ! What else ?

De nombreuses associations et regroupements lifestyle du web comme “On est Prêts”, “Cleanwalker”, “Edeni” ou les nombreuses “Run Eco Team” de la France et du monde entier encouragent les citoyens à changer leur mode de vie pour une transition vers des styles de vie écolo, bio, healthy et surtout : zéro déchets. C’est d’ici qu’est né le concept du plogging. Rendre sa vie plus saine tout en contribuant au nettoyage de la planète. Double bonne action, double bon karma.

En effet, Run Eco Team, c’est le nom que les citoyens se sont donnés pour pratiquer les courses écolo ensemble. Il existe sur Facebook des grands groupes dans chacune des villes qui participent à ce ramassage de déchets. La différence avec les Cleanwalks ? (voir reportage) Lorsque les “Runners Eco Team” se rejoignent, ce n’est pas seulement pour nettoyer les espaces urbains, mais plutôt pour allier leur activité sportive favorite au nettoyage des espaces urbains, mais surtout les espaces verts dans les villes. Mais quel est le lien entre courir et ramasser les déchets ? Entre le nombre de kilomètres parcourus et la diversité des parcours de chacun, les coureurs rencontrent deux fois plus de déchets qu’un ramasseur classique. Et surtout, ce qui rend cette alliance parfaite, c’est l’exercice qu’il faut fournir pour ramasser un déchet. Étirements, flexions, accroupissements. Qui aurait cru qu’un mégot jeté par terre pourrait engendrer autant d’effort physique pour le ramasser et le jeter à la poubelle ?

Qu’en est-il de la quantité de déchets collectés, est-ce que cette pratique a vraiment un impact sur l’écologie actuelle, se demandent les plus sceptiques d’entre nous. D’après leur site internet, en moyenne, les éco runners ramassent 1.5kg de déchets par sortie chacun. Soit 20 tonnes par semaine dans les 105 pays qui possèdent des Team Eco Run. En un mois, les coureurs écolo du monde entier ont ramassé près de 80 tonnes de déchets. Soit environ le poids de 3 bus scolaires. Ca en fait du déchet ramassé ! En France, les Teams Eco Run sont présentes dans plus de 45 villes, ont organisé plus de 400 événements, et comprennent aujourd’hui plus de 20 000 membres. Au compteur, plus de 24 479 déchets ramassés et 2 528 km déjà nettoyés.

Coline Naves