L’habitat participatif, qu’est-ce que c’est ?

Crédit : Agglopolys

Pouvoir créer et gérer un habitat avec des citoyens qui partagent les mêmes valeurs, c’est tout l’enjeu de l’habitat participatif. En France, on compte près de 490 projets ce type dont le plus important se trouve à Toulouse dans le quartier de la cartoucherie.

L’habitat participatif est adapté aux familles et personnes qui ont en commun la volonté de vivre dans une certaine forme de communauté tout en faisant des économies sur leurs diverses consommations. On peut par exemple mettre en commun une voiture, un jardin, un potager, une laverie, une terrasse ou tout un logement. 

“L’Ouvert du Canal” en est un exemple. A l’origine d’une initiative citoyenne, cet habitat participatif de huit logements a été construit 18 chemin Mange-Pomme à Ramonville, à côté de Toulouse. Voici leur histoire :


Mais comment se passe l’habitat participatif à Toulouse ? Pourquoi se lancer ? Grâce à ces articles, nous avons tenté de vous apporté les réponses à ces questions.

Aux Quatre Vents, ou le plus grand projet d’habitat participatif en France

La ville de Toulouse est un modèle pour ce qui est de l’habitat participatif en France avec son projet immobilier groupé inauguré en juin 2018, dans le quartier de La Cartoucherie comptant 89 logements. Ce projet a été lancé en mars 2013 par Toulouse Métropole, la SA des Chalets, et l’AERA [Faire Ville] pour permettre aux personnes d’accéder à la propriété.

Résidence Aux Quatre Vents, La Cartoucherie, Toulouse

« Une des manières de réconcilier les gens avec l’urbanisme, c’est un projet comme celui-ci .» déclara Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, le 18 juin 2018 lors de l’inauguration du programme immobilier participatif “Aux Quatre Vents”. A l’exemple de “L’Ouvert du Canal”, on peut voir que ce type de projet peut être à l’origine d’initiative citoyenne, mais il peut également être encadré.

En mars 2013, Toulouse Métropole ainsi que la SA les Chalets et l’AERA [Faire Ville] lancent un appel à la participation d’habitants pour un projet inédit d’habitat participatif. Le but ? Permettre à ces individus d’habiter différemment tout en accédant à la propriété, chose de moins en moins réalisable, dû à l’augmentation du prix de l’immobilier tout en promouvant la mixité sociale et générationnelle. Cinq ans plus tard, 89 logements répartis en quatre immeubles allant du T1 au T6 forment la résidence “Aux Quatre Vents”, soit le plus grand projet d’habitat groupé en France. Ici, les copropriétaires bénéficient d’espaces communs partagés tels qu’une salle polyvalente, un studio pour les amis, un espace bricolage et de rangement, deux buanderies, ainsi que des terrasses sur les toits.

Un projet encadré

“Aux Quatre Vents” a plusieurs visées : créer des liens sociaux entre différentes générations et milieux sociaux, lutter contre l’étalement urbain et la spéculation immobilière et diminuer les surfaces de logement avec la conception d’espaces communs. L’encadrement des habitants a permis la réduction du prix du terrain, grâce à une vente inférieure aux prix du marché par la ville de Toulouse. De plus, étant en partenariat avec Le groupe des Chalets, spécialisé en logements locatifs sociaux, la résidence dispose d’une formule Location-Accession, elle permet aux personnes de devenir progressivement propriétaire car une partie du loyer est réservée à l’achat de l’appartement.

Toutefois, les futurs propriétaires sont très investis dans la construction de leurs appartement. En effet, ils ont eu la possibilité de dessiner le plan de leurs appartements, aidés par des architectes et de décider de leurs espaces partagés. Ils ont également élaboré leurs propres charte. Ainsi, le fait d’être organisés leur ont permis de faire “un poids collectif face aux difficultés”, confia une habitante. Difficultés liées majoritairement à la construction.

Ce qu’ils en pensent :

Mardi 18 décembre 2018, 10 heures, nous avons décidé d’aller à la rencontre des toulousains afin de connaître leurs avis sur l’habitat participatif. Pourraient-ils y participer ? Est-ce une bonne idée ? Découvrez ce qu’ils en pensent.

Dans l’ensemble, l’habitat participatif est perçu comme quelque chose de positif, favorisant les liens sociaux intergénérationnels, et permettant aux individus d’accéder à la propriété. Néanmoins, d’autres sont plus réfractaires, considérant le cohabitat comme intellectuellement plaisant mais difficile à réaliser. « L’habitat participatif c’est comme un mariage, au début tout va bien, mais dès qu’il faut mettre la main à la poche, c’est plus compliqué. » nous confie un passant.

Et vous, êtes-vous favorables à l’habitat participatif ?

Solene Mizele

L’habitat participatif, habitat écologique

Se regrouper, vivre en communauté, partager de valeurs communes, faire des choses de façon collective, c’est avant tout le but de l’habitat participatif. En France, le concept se développe vraiment dans les années 70 et refait surface aujourd’hui. C’est à Toulouse que le concept se développe le plus, notamment avec le projet d’habitat participatif dans le quartier de la cartoucherie.

Habitat participatif

De plus en plus d’adeptes ont l’écologie pour valeur commune.

Bien entendu, se partager les frais de construction et se regrouper sous le même toit permet de faire des économies pour le porte-monnaie. Mais même si l’on n’a pas pour ambition de construire un habitat purement écologique, le concept d’habitat participatif favorise tout de même les comportements favorables au respect de l’environnement.

Car en effet, préserver la nature c’est aussi prendre en compte le milieu dans lequel on vit. Le domaine de l’habitat est connu pour avoir un important impact sur l’environnement et c’est d’ailleurs pour cela qu’il est pris en compte dans le calcul de l’empreinte écologique. De ce fait, l’habitat participatif est souvent synonyme de l’habitat écologique.

Tout comme les habitants de l’Ouvert du Canal, bon nombre d’adeptes du concept maintiennent le respect de l’environnement est au centre de leurs préoccupations. De fait, ils choisissent de respecter la nature dès la conception de leur demeure, dans sa logique de construction et avec des matériaux adaptés. Par exemple, en prenant en compte l’exposition du soleil aux différentes heures de la journée, ou en choisissant des isolants comme la laine minérale et laine de bois.

Qui dit écologie dit aussi, gestes éco-responsables. Les habitants prennent donc part à différents gestes simples du quotidien en faisant attention à leur consommation quotidienne jusqu’au moyen de transport qu’ils choisissent.

L’habitat participatif est donc un concept qui fait séduit de plus en plus de personnes, et qui progresse dans une logique de développement durable, c’est-à-dire, permettre à tous de bénéficier des ressources naturelles en respectant les piliers économique, écologique et social.


 

Chrystel Lebrun

L’habitat collectif, pourquoi franchir le pas ?

L’habitat participatif consiste à construire des habitations à plusieurs afin de réaliser des économies, de vivre une aventure humaine mais possède également des bienfaits écologiques dans certains des cas. L’habitat participatif, aussi appelé habitat groupé, est une pratique réalisée partout dans le monde par des nombreuses personnes provenant de tout horizon. C’était une pratique à la mode dans les années 1970. L’effet est retombé mais on connaît un rebond aujourd’hui avec un retour en force. Cette analyse de l’habitat participatif va vous permettre de plonger dans l’univers de cet habitat pour le moins inhabituel.

Dans une époque où il y a plus de ménages que de logements disponibles, il est indispensable de trouver des solutions. L’habitat participatif se trouve être une alternative sur laquelle il est intéressant de se renseigner.

Vous l’aurez compris, l’habitat groupé est avant tout une option économique en matière de construction. Permettant d’économiser en moyenne 5 à 15% sur les coûts de construction, il est la raison principale pour laquelle de nombreuses personnes passent le cap.

En plus de ses vertues économiques, l’habitat participatif possède également un avantage social et solidaire. Cela représente un véritable plus qui peut faire pencher la balance vers cette alternative pour les personnes âgées, les familles monoparentales ou encore les personnes isolées. Ce type d’habitation permet d’empêcher notamment l’isolement des personnes.

Un troisième aspect de l’habitat participatif est à observer, le fait de vivre de façon plus écologique et de réduire son empreinte écologique. C’est le cas par exemple avec l’éco-quartier de la Cartoucherie à Toulouse.

Mais l’habitat participatif ce n’est pas seulement des avantages. En effet, il comporte des inconvénients, comme tout projet, à prendre en compte. Le premier point est évidemment le côté “communauté”. Si vous souhaitez vivre seul, cette alternative n’est peut-être pas pour vous. De même, vivre en communauté n’est pas toujours évident et plus particulièrement quand il y a des conflits. Le cas échéant, cela peut être difficile à gérer compte tenu que cela deviendra automatiquement un problème pour tous les acteurs du projet. Dans les problèmes humains, s’ajoutent les problèmes de temps -et de caractère-. Lorsque l’on s’investit dans un habitat participatif, de nombreuses réunions sont à prévoir afin de régler d’éventuels problèmes mais également lors de débats pour des aménagements par exemple. Il est parfois difficile, pour des personnes avec des caractères différents, de se mettre d’accord. Il peut être intéressant dans ces cas là de prendre contact avec des médiateurs extérieurs.

Résumons, l’habitat participatif c’est une économie pour le porte monnaie, un impact écologique à prendre en compte et un partage social important. Mais c’est aussi de potentiels conflits de caractères.

 

Marina Eveno