Glass – un scénario trop peu exploité mais un jeu d’acteur sublimé

Glass est un film américain d’un peu plus de 130 minutes en couleurs, sorti dans les salles de cinémas françaises le 16 Janvier 2019. Le réalisateur, M. Night Shyaman a imaginé ce thriller fantastique pour donner une suite à Incassable sorti en 2000 et Split sorti en 2017.

L’action se déroule uniquement dans la ville de New York City, aux États Unis. Anciennement Metropolis, cette ville est associée aux histoires de super héros, ce qui colle avec le fil conducteur du film : la création d’hommes aux capacités surhumaines par un homme dont l’esprit est surdéveloppé.

Le casting est plutôt intéressant. En effet, nous retrouvons Bruce Willis dans le rôle de David Dunn, surnommé “le Superviseur”, ainsi que James McAvoy incarnant Kevin Wendell Crumb aussi appelé “la Horde”. Pour finir, Samuel L. Jackson dans la peau de Elijah Price, soit “le bonhomme qui casse”.

D’une part ce qui est a noté positivement, c’est le jeu d’acteur absolument divin de James McAvoy, qui donne vie à chacune de ses personnalités avec une précision, une justesse et une impression de vérité incroyable. Il ne se met pas dans la peau de chacun des personnages, il est chaque personnage.

D’autre part, l’aspect négatif c’est que le scénario aurait pu être intéressant si un axe de réflexion sur les capacités humaines, qu’elles soient physiques ou psychologiques, avait été adopté et développé. Mais il aurait alors été nécessaire d’exacerber d’avantage les oppositions. D’un côté, l’aspect du “délire” et de la maladie mentale qui présente la dimension rationnelle, l’explication cohérente et scientifique des capacités humaines, trop peu utilisées. D’un autre côté, l’explication surnaturelle, la création de vrais super héros, d’hommes hors du commun, une explication non scientifique et irrationnelle. Cependant, la production en a décidé autrement : la profondeur de la réflexion a été réduite afin de rendre le film accessible au grand public. J’entends par là que la possibilité de faire de ce film une œuvre d’art a été écartée pour en faire un film accessible à tous, par une compréhension immédiate et non complexe.

Ce film incarne la vision de l’art que nous avons au sein de notre monde capitaliste : il doit toucher le plus de monde possible pour être rentable et peu importe la profondeur de ce qu’il apporte aux spectateurs. Il est donc un très bon film pour se détendre bien que le potentiel du scénario n’ait pas été exploité sous le meilleur angle.

Fanny Bedel