Aux Quatre Vents, ou le plus grand projet d’habitat participatif en France

La ville de Toulouse est un modèle pour ce qui est de l’habitat participatif en France avec son projet immobilier groupé inauguré en juin 2018, dans le quartier de La Cartoucherie comptant 89 logements. Ce projet a été lancé en mars 2013 par Toulouse Métropole, la SA des Chalets, et l’AERA [Faire Ville] pour permettre aux personnes d’accéder à la propriété.

Résidence Aux Quatre Vents, La Cartoucherie, Toulouse

« Une des manières de réconcilier les gens avec l’urbanisme, c’est un projet comme celui-ci .» déclara Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, le 18 juin 2018 lors de l’inauguration du programme immobilier participatif “Aux Quatre Vents”. A l’exemple de “L’Ouvert du Canal”, on peut voir que ce type de projet peut être à l’origine d’initiative citoyenne, mais il peut également être encadré.

En mars 2013, Toulouse Métropole ainsi que la SA les Chalets et l’AERA [Faire Ville] lancent un appel à la participation d’habitants pour un projet inédit d’habitat participatif. Le but ? Permettre à ces individus d’habiter différemment tout en accédant à la propriété, chose de moins en moins réalisable, dû à l’augmentation du prix de l’immobilier tout en promouvant la mixité sociale et générationnelle. Cinq ans plus tard, 89 logements répartis en quatre immeubles allant du T1 au T6 forment la résidence “Aux Quatre Vents”, soit le plus grand projet d’habitat groupé en France. Ici, les copropriétaires bénéficient d’espaces communs partagés tels qu’une salle polyvalente, un studio pour les amis, un espace bricolage et de rangement, deux buanderies, ainsi que des terrasses sur les toits.

Un projet encadré

“Aux Quatre Vents” a plusieurs visées : créer des liens sociaux entre différentes générations et milieux sociaux, lutter contre l’étalement urbain et la spéculation immobilière et diminuer les surfaces de logement avec la conception d’espaces communs. L’encadrement des habitants a permis la réduction du prix du terrain, grâce à une vente inférieure aux prix du marché par la ville de Toulouse. De plus, étant en partenariat avec Le groupe des Chalets, spécialisé en logements locatifs sociaux, la résidence dispose d’une formule Location-Accession, elle permet aux personnes de devenir progressivement propriétaire car une partie du loyer est réservée à l’achat de l’appartement.

Toutefois, les futurs propriétaires sont très investis dans la construction de leurs appartement. En effet, ils ont eu la possibilité de dessiner le plan de leurs appartements, aidés par des architectes et de décider de leurs espaces partagés. Ils ont également élaboré leurs propres charte. Ainsi, le fait d’être organisés leur ont permis de faire “un poids collectif face aux difficultés”, confia une habitante. Difficultés liées majoritairement à la construction.

Ce qu’ils en pensent :

Mardi 18 décembre 2018, 10 heures, nous avons décidé d’aller à la rencontre des toulousains afin de connaître leurs avis sur l’habitat participatif. Pourraient-ils y participer ? Est-ce une bonne idée ? Découvrez ce qu’ils en pensent.

Dans l’ensemble, l’habitat participatif est perçu comme quelque chose de positif, favorisant les liens sociaux intergénérationnels, et permettant aux individus d’accéder à la propriété. Néanmoins, d’autres sont plus réfractaires, considérant le cohabitat comme intellectuellement plaisant mais difficile à réaliser. « L’habitat participatif c’est comme un mariage, au début tout va bien, mais dès qu’il faut mettre la main à la poche, c’est plus compliqué. » nous confie un passant.

Et vous, êtes-vous favorables à l’habitat participatif ?

Solene Mizele

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