Racisme systémique, quand seule la mort fait réagir

Lundi 25 Mai, la vidéo du meurtre de George Floyd, asphyxié sous le genou d’un policier, fait le tour des réseaux. Depuis lors, les manifestations s’enchaînent, les signes de protestations et les témoignages s’accumulent.

Une égalité relative

Je ne vous apprends rien, en France, « égalité » n’est que de façade dans la devise du pays. En effet, celle-ci variera en fonction de votre genre, votre classe sociale et, surtout, de votre couleur de peau ou votre religion. Combien de personnes racisées se sont vu refuser des appartements ou des emplois sous de fausses excuses car leur nom ne sonnait pas assez « français » ? Combien de fois une personne racisée s’est vu demander d’où elle venait, quel était son « vrai » pays ? En 2020, force est de constater que les pensées colonialistes et évolutionnistes n’ont pas disparues.

Ainsi, pour mieux s’intégrer à une société qui les rejette, les personnes racisées intériorisent ce racisme pour réduire la dissonance qu’ils perçoivent entre le discours égalitaire des organisations et leur expérience. En intériorisant le racisme sociétal et institutionnel, les individus vont alors subir une violence symbolique qui va les rendre complices de leur propre domination en ne remettant pas en cause ou en justifiant des actions ou des discours condamnables.

Justice pour les victimes

Cette inégalité se répercute sur le système judiciaire ou au contact des forces de l’ordre. Si le cas de George Floyd a permis de déclencher la révolte, il est important de noter que ces violences sont subies quotidiennement. Du délit de faciès et contrôle d’identité sans motif valable à la mort, aux États-Unis comme en France, il est normal d’avoir peur de la police, représentante de la violence légitime (monopole dont dispose l’Etat pour le maintien ou le rétablissement de l’ordre public) d’un État raciste.

Si les médias Français dénoncent régulièrement les violences policières américaines, il est important de prendre conscience que ces mêmes violences se produisent également en France comme le prouvent le cas d’Adama Traoré, mort à la suite d’un plaquage ventral de gendarmes ou encore le motard de Villeneuve-la-Garenne avec une fracture ouverte de la jambe.

Enfin, le système judiciaire n’est également pas épargné par le racisme puisque, comme le montre bon nombre de séries, de films ou de reportages, les personnes racisées seront jugées plus sévèrement que les blancs du fait de la composition des jurys, essentiellement blanche. Un épisode de 100 Humans, « Préjugés conscients et inconscients », montre ce biais raciste puisque les personnes testées avaient plus tendances à « tuer » (ou diriger l’arme factice) vers des personnes racisées que des personnes blanches.

Comment soutenir la cause ?

Désormais, « ne pas être raciste » ne suffit plus. À l’heure où des personnes subissent des violences, pouvant provoquer leur mort, du fait de leur couleur de peau, il est essentiel de soutenir et de valoriser leur parole. Se taire, c’est prendre part au racisme. Il est temps d’utiliser son « privilège blanc » pour réduire les inégalités.

Cela passe par protéger les personnes racisées, plus sujette à subir des violences de la part des forces de l’ordre, lors de manifestations, s’informer sur les problématiques et les enjeux de la lutte contre le racisme mais également éduquer ses proches. Cela passe également par l’arrêt de l’appropriation culturelle, de ne pas remettre en cause les témoignages de victimes de racisme car « en France quand même on est vachement ouvert d’esprit ! », boycotter et arrêter de suivre des célébrités ou influenceurs.euses racistes (pour vous aider, vous pouvez faire un premier tri en fonction de celles ayant réagi au #BlackLivesMatter) et, surtout, arrêter de croire que le racisme antiblanc existe.

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Enfin, vous pouvez contribuer à des cagnottes à destinations d’associations luttant contre le racisme ou à destination des victimes, signer la pétition contre la proposition de loi visant à empêcher la diffusion des images de violences policières ou participer aux manifestations du mouvement #BlackLivesMatter (celle de Toulouse étant prévue aujourd’hui à 19h au square Charles de Gaulle).

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