Journées du patrimoine : la médiation culturelle à l’honneur

Peut-être étiez-vous au courant, peut-être y avez-vous participé, le week-end dernier, c’était la 37ème édition des journées européennes du patrimoine.

Initiées par Jack Lang, alors ministre de la Culture, en 1984, ces journées répondent à une politique de démocratisation culturelle qui consiste à réduire les inégalités d’accès à la culture dite « savante » en levant les obstacles à la fréquentation des lieux culturels, permettant ainsi au grand public de renouer avec le patrimoine Français. Cette année, comme l’a annoncé la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, le thème était « Patrimoine et éducation : apprendre pour la vie ! »

J’ai profité de ce week-end pour découvrir un peu plus la ville rose. Entre historique du canal du midi et découverte du quartier des sciences (bac S un jour, bac S toujours), voyez Toulouse d’un nouvel œil.

Quai des savoirs et Muséum, au cœur de la médiation scientifique

Au cours d’une table ronde, Lucas Devaux, médiateur au Muséum, explique que son rôle est de faire le lien entre des connaissances et des publics afin de faciliter la compréhension des collections présentées dans un établissement. C’est dans cette optique que s’inscrit le Quai des savoirs et, plus généralement, le quartier des sciences.

En effet, celui-ci a été rénové en 2011 avec la volonté d’ouvrir l’espace pour permettre aux citoyen-nes de se le réapproprier. Ainsi, des « boîtes signal » ont été installées afin de baliser le chemin entre le tramway et le jardin des plantes, incitant ainsi les passant-es à s’aventurer dans l’allée Matilda qui longe le Quai des savoirs.

Espace de diffusion et de partage de la culture scientifique, le Quai des savoirs accueille des expositions d’environ 600m² sous des formats ludiques afin de faciliter l’accès à la culture par le grand public. En effet, la dernière exposition, Code alimentation, présentait les enjeux de l’alimentation du futur sous la forme d’un jeu vidéo dont les visiteur-euses sont les héro-ïnes. Ce format ludique, de plus en plus développé dans les établissements culturels, répond au besoin des visiteur-euses d’être acteur-rices de la visite et non plus un public passif qui reçoit « simplement » des informations.

Pour aller plus loin, vous pouvez écouter le podcast diffusé en novembre 2019 sur le sujet, dans lequel Thibault Christophe, docteur en sciences de l’information et de la communication, et Mathieu Scapin du musée Saint-Raymond évoquaient les principaux freins à la fréquentation des musées et comment, à l’aide de la communication, attirer de nouveaux publics au sein des établissements culturels.

Toulouse au fil de l’eau

La semaine dernière, on vous parlait de la place St Pierre pour sortir. Cette semaine, à la suite d’une visite guidée menée par Cécile Cambon, agent d’exploitation des Voies Navigables de France, Olivier Batlle, directeur du programme urbain Grand Parc Canal de Toulouse métropole, et Magalie Delmas, guide conférencière à l’Office de tourisme de Toulouse, on s’intéresse à l’histoire des quais de Toulouse, du quartier des Amidonniers et des différents canaux qui parcourent la ville.

Le canal de Brienne tient son origine de la particularité géographique de Toulouse qu’est le gué du Bazacle, passage dans la Garonne où on peut passer à pied sans avoir à nager (qu’on aperçoit entre l’espace EDF et l’autre rive). En effet, ce passage va être exploité pour sa force hydraulique et sera réhaussé, ce qui finira par gêner le passage des bateaux. 

En 1767 commencent alors les travaux du canal, qui se termineront 9 ans plus tard. C’est à cette époque que les quais de Garonne seront aménagés par l’architecte de Saget, qui homogénéisera les façades avec un rez-de-chaussée, un entre sol, un 1er étage et des combles brisés avec des lucarnes. L’espace Bazacle, quant à lui, est encore en fonctionnement, et est également un centre culturel puisqu’il dispose d’un espace d’exposition et d’une terrasse panoramique.

En remontant un peu le canal, on tombe sur l’école d’économie de Toulouse (TSE), inaugurée en 2019, qui s’intègre parfaitement dans le paysage urbain en épousant la ligne de l’ancien rempart de la ville et en utilisant les briques toulousaines. Un peu plus haut se trouve la Manufacture des tabacs, signalée par les lettres « MT » sur la façade. D’abord utilisée pour la fabrication de cigares et cigarettes, celle-ci fermera en 1986 et abritera l’université de Toulouse, et plus particulièrement les sciences sociales, à partir de 1996.

À la fin du tracé d’1,6km du canal de Brienne, se tient le port de l’embouchure avec les ponts jumeaux, qu’on pourrait désormais appeler ponts triplés, qui relie le canal de Brienne, le canal du midi, et le canal latéral de la Garonne.

Si depuis la fin des années 80 le caractère industriel et notamment le transport de marchandises du canal du midi a pris fin, la question de la remise en frète de ces canaux est de nouveau d’actualité. En effet, pour fournir une alternative à l’utilisation de camions (et ainsi réduire la pollution atmosphérique et auditive), les canaux pourraient être utilisés pour transporter les déblais de la 3ème ligne de métro ou encore pour la petite logistique urbaine comme l’approvisionnement en légumes ou le transport de déchet.

Pour en savoir plus sur le canal du midi, vous pouvez consulter l’épisode 1 du podcast de l’Office de tourisme de Toulouse, « Toulouse dans vos oreilles » .

Bien qu’éloignées des thématiques habituellement étudiées en communication, comme l’histoire de l’art ou la littérature, ces trois visites permettent de mettre en avant les métiers de la médiation, auxquels certain-es d’entre vous se destinent peut-être (je dois avouer qu’après avoir y assisté, mon cœur balance également pour la médiation culturelle). En effet, la médiation c’est, certes, la réflexion sur les moyens de communication pour toucher de nouveaux publics ou sur le parcours dans des expositions, mais c’est également la transmission de connaissances et être au contact direct avec les cibles d’un établissement.

De plus, si de premier abord l’histoire du canal de Brienne ou du quartier des sciences ne semble pas « utile » pour vos études ou votre vie professionnelle, ces connaissances peuvent servir à vous démarquer, notamment si vous souhaitez travailler dans la sphère culturelle. Cela peut paraître évident mais il est toujours de bon ton de connaître l’histoire de la ville, du quartier ou du domaine dans lequel vous comptez vous orienter. Sinon, ça peut toujours dépanner pendant une soirée ou si vous vous improvisez guide touristique.

Pour finir, de nombreux établissements culturels ont des offres variées et avantageuses. Que ce soit pendant les journées du patrimoine, la semaine de l’étudiant, les visites gratuites les 1er dimanche du mois ou encore les tarifs réduits (voire les entrées gratuites) pour les étudiant-es ou les habitant-es de Toulouse, profitez-en, ça fait marcher et alimente votre culture générale (qui peut être utile pour les sujets de culture et société, entre autres) !

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