L’enseignement au coeur des discordes

La terrible et si célèbre réforme du baccalauréat appliquée en 2021, les professeurs.es de lycée qui refusent de rendre les copies corrigées lors de l’édition du bac 2019, les enseignants.es-chercheurs.euses en grève en 2020… Comment sommes-nous arrivés à une telle crise de l’enseignement ?

Rappelons d’abord le projet de loi Blanquer, généreusement rédigé par notre cher Ministre de l’Education : Jean-Michel Blanquer. Si son projet a fait polémique, c’est notamment parce qu’il réglemente la liberté d’expression des enseignants.es, impose d’aller à l’école dès 3 ans (au lieu des 6 ans réglementaires), garantit la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme des enfants… Mais le clé de ce projet réside en trois mots : réforme du baccalauréat.

Cette tradition maintenant ancestrale est pratiquée depuis des siècles pour témoigner du niveau d’un élève à la sortie du lycée. Le Saint Graal de l’éducation, celui sans lequel nous sommes un pur échec scolaire et qui est pourtant critiqué depuis des lustres parce que le niveau du diplôme baisserait….Le baccalauréat.  Au programme du “nouveau bac” : un test de positionnement effectué sur les élèves dès la rentrée en seconde, l’abolition des séries L, ES et S…En bref, le bac 2021 reposera à 40% sur du contrôle continu et à 60% sur des épreuves finales officielles : hors un tronc commun imposé, il y a des matières que les élèves sont libres de choisir (deux matières dites “mineures” et deux matières dites “majeures”). Si l’idée était bonne au début (disparition de la séparation des élèves en trois groupes spécialisés et fin de l’éloge du bac scientifique comme la “voie royale”) au final, les professeurs.es principaux.ales se retrouvent à avoir des élèves qu’iels ne voient jamais en classe, les élèves sont perdus.es sur leurs poursuites d’orientation (iels ne savent pas quelles matières choisir pour être certains.es d’intégrer les études supérieures qu’ils souhaitent)…

Une fois le bac en poche (malgré quelques incidents sur les copies rendues en retard par des professeurs l’année dernière), en tant qu’étudiants.es, nous avons vécu de nouvelles grèves, une fois arrivés dans l’enseignement supérieur. La raison ? 

La Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR pour les intimes): une loi donc, qui prévoit la conversion d’emplois pérennes dans la recherche (CDI) en emplois temporaires et donc, précaires. Non seulement, les postes proposés aux chercheurs.euses nouvellement diplômés.es ont largement diminué en dix ans : désormais, pour une petite douzaine de places, plusieurs centaines de personnes candidatent mais en plus de cela les postes dits temporaires donnent lieu à des conditions de travail peu propices. Ainsi, les chercheurs.ses sont de simples vacataires, payés.es en dessous du smic horaire et au semestre…

Un désastre psychologique (burn out dû à la surcharge de travail pour être payé correctement) et une sélection trop forte à l’embauche qui, malgré de bons diplômes et de nombreuses années d’études, ne garantissent pas la reconnaissance professionnelle.

Des grèves, des grèves et encore des grèves qui se succèdent, sauf depuis le 16 mars 2020, date officielle du confinement en France, première conséquence de la progression alarmante et désastreuse du Covid-19.

Moins de grèves, mais dès les mesures du déconfinement prononcées par le Ministre de l’Education (Jean-Michel Blanquer), les instituteurs.trices ne se reconnaissent pas les valeurs de l’école dedans. Les écoles maternelles sont les premières à réouvrir : elles font office de (crash) test. La distanciation sociale s’impose, les élèves doivent se tenir en permanence éloignés les uns des autres; ils mangent seuls, jouent seuls dans la cour, étudient seuls en classe… Des consignes que tout oppose à l’éducation traditionnelle qui se base sur les liens entre enfants et adultes, le contact, le partage…

Si la raison principale de la réouverture est l’égalité des chances pour tous, nous sommes sceptiques quant à un réel changement de cette dernière et certains quant aux désastres psychologiques sur les enfants, passant leurs journées dans la solitude, conformément aux nouvelles règles de vie collective.

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