Quand la technologie dépasse l’évolution humaine : Notre analyse du documentaire Netflix « Derrière nos écrans de fumée »

En France, 49,6 millions d’internautes utilisent les réseaux sociaux. C’est ce que le Digital Report de 2021 de We are social et Hootsuite annonce. 49,6 millions, c’est-à-dire quasiment 76% de la population, avec une augmentation de près de 13%. Nous sommes donc une grande majorité à utiliser les réseaux sociaux, que ce soit Instagram, Twitter, ou encore TikTok, mais connaissons-les-nous vraiment ?

Nous nous sommes intéressé-e-s au documentaire produit par la plateforme américaine Netflix, « Derrière nos écrans de fumée », paru le 9 septembre afin d’en savoir plus sur la question.

Seriez-vous capable de vivre sans médias sociaux pendant une semaine ?

Ce film rassemble treize professionnels/lles de la communication, du design, de la psychologie sociale ou encore des professeurs/es d’Harvard. Mais qui sont-ils/elles vraiment ? Pour ne citer que les plus « importants » nous retrouvons Tim Kendall, l’ancien PDG de Pinterest ; Tristan Haris ancien salarié de Google qui s’occupait de l’éthique de l’entreprise et Sandy Parakilas ex-directeur des opérations Facebook et ex-chef de produit Uber.

Face à cette dénonciation sanglante, où l’éthique et la santé mentale des plus jeunes sont pointées du doigt, les dirigeants et leurs stratégies de communication sont mis à nus et dévoilés au grand public par leur ancien créateurs/trices eux-mêmes. Mais plus précisément, que dénoncent-ils ? Addiction, désinformation, dépassement de la technologie, manipulation…Une liste non-exhaustive qui décrit la face cachée de ces médias sociaux.

Pour illustrer ce documentaire, le film se construit en deux temps. Une partie documentaire, où les professionnels/lles décrivent et révèlent leurs vécus, puis, une partie « dramatique » où l’on retrouve la mise en scène d’une famille composée de trois enfants : Isla, une pré-adolescente de 11 ans, addict à son téléphone et aux médias sociaux. Cass, une jeune de 18 ans exacerbée et contre la prolifération de ces médias et Ben un adolescent de 17 ans qui s’orientent vers un parti politique extrême où règne la désinformation et la haine. Par cette fiction, les témoignages des professionnels/lles prennent vie et reflètent une bonne partie de la réalité que toutes et tous vivons.

Cyberharcèlement, addiction ou encore coupure du monde social « charnel », les médias sociaux emploient de grands moyens pour vous rendre addicts à leur service. Mais comment font-ils ? Tristan Harris expliquera que tout n’est qu’algorithme et calcul. Derrière le simple écran que nous percevons se trouve un ordinateur qui calcul la moindre seconde passée sur un post, un site ou encore la moindre mention « j’aime ». Contrairement à ce que l’on pense, ils ne vendent pas nos données pour simplement les avoir. Grâce aux données collectées, ils créent des modèles à notre effigie qui sont sans cesse modifiés et perfectionnés. Derrière ce modèle se trouve trois buts principaux. Apporter de l’attention à leurs services, partager le contenu à leurs amis et regarder la publicité qu’ils proposent. Sandy Parakilas, précisera que nos données sont conservées, analysées et utilisées à longueur de journée. Il souligne aussi qu’ils savent qui nous sommes et comment nous sommes, que cela soit physiquement ou mentalement.

Analystes de données

Tim Kendall, l’ancien PDG de Pinterest citera « Je rentrais chez moi sans pouvoir lâcher mon téléphone, alors que mes deux enfants avaient besoin d’amour et d’attention. J’étais dans le garde-manger à écrire des mails (…). J’ai bien vu l’ironie, je travaille la journée et construit quelque chose dont je finis victime ».

Tristan Harris commentera « Nous n’avons pas évolué dans le sens d’une validation sociale toutes les cinq minutes ». On comprend les réels buts de ces médias : créer un manque de confiance en soi et créer du besoin, promouvoir des produits et des services vendus par des personnes influentes, consommer le produit, créer une dépendance à la validation sociale de masse et vouloir toujours plus de commentaires, likes ou republication. Ce but se justifie par des pourcentages effrayants. Le taux de suicide chez les adolescentes de 15 à 19 ans a augmenté de 70 pourcents et pour les jeunes filles de 10 à 14 ans, c’est une augmentation de 151 pourcents. La dégradation de la santé mentale de ces jeunes adolescents est réels vis-à-vis de l’utilisation excessive et non maîtrisée de ces médias.

On retiendra beaucoup d’aspects négatifs des effets de ces médias sur notre comportement, que cela soit psychologique et même physique. On remarque aussi que les moyens instaurés par ces entreprises bafouent l’intimité de chacun/es et ne respectent pas l’éthique et l’idée que nous nous en faisons. Nous avons été dépassés par notre propre création, par nos propres calculs, seulement nous continuons à l’alimenter.

Mais rien n’est impossible. Ce documentaire permet de comprendre les enjeux de ces entreprises et leurs méthodes de manipulation. Bien que nous soyons une génération née avec internet et les médias sociaux, nous pouvons adapter nos comportements et nous pouvons doser notre consommation.

Posez-vous les bonnes questions. Commencez par voir combien de temps vous passez sur Instagram ou encore Twitter. Voyez ensuite ce que vous pourriez faire avec tout ce temps : voir des amis/es, avancer sur un projet qui vous tient à cœur ou tout simplement finir des devoirs ou des tâches ménagères. Ayez du recul, informez-vous sur les bonnes plateformes et regardez au-delà de votre simple écran.

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