Mobilité Erasmus : 3 étudiantes témoignent

Alors que le 1er article rappelait les différentes étapes de la mobilité internationale et conseillait les étudiants sur l’entretien de motivation, nous retrouvons ici trois élèves partageant leur expérience à l’étranger.

Fiona, Clémence et Lucie sont 3 étudiantes en L3 Information-Communication à l’IUT Paul Sabatier. Fiona est actuellement à Gand en Belgique pour une durée de 4 mois et Clémence étudie un an à Thessalonique en Grèce. Elles suivent toutes les deux des cours en anglais. Lucie, quant à elle, réside durant 6 mois à Montréal au Canada où les cours sont en français.

As-tu rencontré des chocs culturels à ton arrivée ?

Fiona ne fut pas sans surprise quand elle arriva dans une ville « bike-friendly » : A Gand, les habitants se déplacent la majorité du temps en vélo. « C’est vraiment super, hormis le fait que les vélos s’arrêtent rarement pour laisser passer les piétons. Dans la rue, on a tendance à devoir se méfier davantage des cyclistes que des automobilistes. Je ne me suis toujours pas fait renverser par un vélo et je trouve que cela relève du miracle », raconte-elle.

En revanche pour Clémence, c’est tout l’inverse ! « Ce qui m’a le plus marqué c’est le nombre important de voitures qu’il y a à Thessalonique, c’est impressionnant ! Il y a tout le temps des embouteillages. De même, le seul transport en commun disponible est le bus, il y en a beaucoup mais ils sont tout le temps bondés et/ou en retard à cause des embouteillages. D’ailleurs, petite anecdote que je trouve assez marrante : il y a un projet de métro pour la ville depuis 20 ans mais les travaux sont tout le temps ralentis car en faisant les fouilles, ils tombent toujours sur des ruines. »

A 6000km d’ici, Lucie rencontre aussi quelques différences avec la France : « Bien que notre langue soit identique, il y a quelques expressions à maitriser dès notre arrivée : « bienvenue » correspond à « avec plaisir/de rien », donc ne sois pas surpris.e ! J’ai constaté d’autres chocs culturels dont je parle sur mon compte Instagram dédié à ce séjour à l’étranger. » 


Que peux-tu nous dire des habitants ? As-tu été bien accueillie ?

Clémence et Lucie ont été émerveillées par la gentillesse des habitants dès leur arrivée. Fiona a même trouvé des grands parents adoptifs : « Ma colocataire n’était pas là lors de mon arrivée donc ce sont ses grands-parents qui sont venus me chercher à la gare et qui m’ont aidée à m’installer. Depuis, ils m’invitent régulièrement à manger, prennent de mes nouvelles et m’aident si je rencontre des problèmes.»

Traverses-tu des difficultés telles que la barrière de la langue, le mal du pays, la gestion du budget ? Comment reussis-tu à les gérer ?

« La barrière de la langue est compliquée car on n’ose pas trop parler au début de peur de se tromper ou d’être mal compris mais plus les semaines avancent, plus on prend de l’assurance. Et aujourd’hui grâce aux applications de traduction, on peut traduire et se faire comprendre par n’importe qui », explique Fiona.

C’est sur le plan social que Clémence a rencontré des problèmes : « Mon enjeu a été de rencontrer des gens et de me faire des ami.e.s au sein des Erasmus. La plupart viennent pour les soirées, les fêtes etc… Ce que je peux totalement comprendre ! Mais étant une personne qui n’est pas vraiment à l’aise avec ça, je n’arrivais pas à trouver ma place. Je craignais même de « rater » mon Erasmus puisque je n’arrivais pas à créer des liens avec les autres. Finalement, en participant aux activités organisées pour les étudiant.e.s internationaux, j’ai rencontré des personnes qui ont les mêmes centres d’intérêts que moi et avec qui je suis prête à découvrir la Grèce ! »

Au sujet du budget, Lucie fut prise d’un élan de motivation et de bonne volonté mais en vain… « J’ai conçu un beau tableau Excel très complet dédié à la gestion de mon budget. Je ne l’ai utilisé qu’une seule fois… »

Toutefois, Lucie et Fiona mettent l’accent sur l’anticipation des coûts : « Il faut prévoir au moins deux mois d’autonomie financière le temps que les bourses se mettent en place. » confient-elles.

Quel est le coût de la vie là-bas (nourriture, logement, sorties…) ?

« Le coût de la vie en Belgique est plus élevé qu’en France. Au niveau de la nourriture, le prix d’un panier pour deux semaines est égal à celui d’un panier de trois semaines en France. Les médicaments et produits de parapharmacie sont également plus chers. » témoigne Fiona.

Clémence avertit aussi sur les conséquences de l’inflation : « Il n’y a pas de si grandes différences entre la France et la Grèce. Néanmoins, manger dehors est possible avec un petit budget. On peut trouver des salades pour moins de 4 euros et se rendre au Mikel Coffee (le Starbucks local) pour commander un café latte à 2 euros avant les cours ! »

Lucie alerte sur le coût des logements sur l’île de Montréal : « Les loyers ne cessent d’augmenter annuellement alors que le nombre de logements disponibles diminue… Cependant, grâce à la colocation, il est possible de trouver un appartement avec un loyer variant de 450$ à 630$ dans des quartiers attractifs tels que le Plateau Mont-Royal ou Côte-des-neiges. »

« Attention, concernant les sorties, il faut anticiper les taxes et le pourboire ! Le pourboire, qui s’élève à 15% du prix initial, n’est pas obligatoire mais s’inscrit dans les coutumes sociales. Dans un bar ou un café par exemple, il permet de rémunérer les serveurs. Au sujet des taxes, elles ne sont pas inclues dans les prix affichés, le passage en caisse peut donc être surprenant…Mais on s’y habitue vite ! », ajoute-elle.

A propos des études, quelles différences relèves-tu avec la France ?

« Je dirais qu’ici les cours sont un peu plus spécifiques, on aborde des thèmes plus précis. Ma classe est uniquement composée d’étudiant.e.s Erasmus, avec des profils très différents venant des États-Unis, de l’Afghanistan, de la Norvège et bien d’autres endroits, permettant alors d’avoir différentes visions sur les sujets abordés en classe, c’est ce que je préfère. Tout est axé vers le monde journalistique afin de nous entrainer à écrire différents types d’articles et aborder ce vaste thème avec les nouveaux enjeux tels que le rôle des médias dans le tourisme équitable par exemple (mon cours préféré) ! », commente Clémence.

Pourquoi conseillerais-tu cette université pour effectuer une mobilité internationale ?

La qualité de l’enseignement fait l’unanimité auprès des trois étudiantes.

De l’autre côté de l’Atlantique, Lucie insiste sur la réputation de l’Université de Montréal. « Elle fait partie des 100 meilleures universités au monde et se situe dans le top 5 parmi les universités canadiennes. Cette belle réputation peut s’expliquer par la qualité de l’enseignement et des intervenants, la diversité des cours, les dispositifs appliqués au bien-être étudiant et la pluralité des activités culturelles et sportives. Par exemple, j’exerce du jumelage interlinguistique avec des étudiantes chinoises qui m’apprennent leur langue. En contrepartie, je leur enseigne des notions de français. Cette activité bénévole se montre très enrichissante car on s’exprime en anglais, en français et en chinois. On en apprend beaucoup sur nos cultures ! »

Pour Fiona, l’intégration des étudiants internationaux est primordiale : « C’est une très bonne université et un programme où l’on étudie avec des étudiants de plus de 20 pays différents. Ils nous ont proposé beaucoup d’activités pour que l’on se rencontre : tour de la ville en bateau, journée à Bruxelles, Waffles party, réception avec bières et frites… »

Peux-tu nous raconter une anecdote sur ton échange universitaire ?

Fiona se lance : « Lors de notre visite de Bruxelles, on était en équipe pour une chasse au trésor l’après-midi. On devait se prendre en photos devant des monuments, cependant la professeure ne nous a pas donné une légende qui correspondait à la carte. Quand on l’a appelée pour lui dire, elle nous a juste répondu : « visitez la ville, prenez des photos, amusez-vous et profitez ! »

Clémence met l’accent sur les manifestations étudiantes : « Il faut savoir qu’il y a certaines tensions entre les étudiant.e.s de l’université et le gouvernement en raison du manque de moyens investis dans le système éducatif. Il y a donc souvent des manifestations sur le campus ou même en centre-ville. L’un de nos cours a été interrompu par un groupe d’étudiant.e.s en colère, expliquant leur raison du mouvement et son importance. Les autres étudiant.e.s Erasmus étaient assez intrigué.e.s face à cette démarche, n’ayant jamais vu ça. En bonne française que je suis et ayant étudié au Mirail, je n’étais pas du tout étonnée, cela m’a même ravivé des souvenirs (mdr). »

Lucie conclue en racontant sa visite dans une école maternelle : « Dans le cadre d’un projet en équipe, deux étudiantes et moi-même devions nous rendre dans une école afin d’interviewer des enseignants. Avant notre rencontre, je discutais avec des enfants qui ont rapidement entendu mon petit accent toulousain. L’un d’entre eux m’a demandé d’un air innocent : « Peux-tu m’apprendre ta langue ? »

En espérant que ces témoignages te seront utiles dans le choix de ta destination à l’étranger. Bon voyage ! 🙂