Rencontre avec Brahim

Le mercredi 5 février dernier s’est déroulée la grande finale du Challenge de l’Éloquence, édition 2019/2020.  Après avoir fait le point sur cette journée, nous avons voulu rencontrer les gagnants pour avoir leur ressentis sur l’événement. Après avoir parlé avec Léna, nous allons aujourd’hui à la rencontre de Brahim LABIDI, vice-champion du Challenge.

Brahim LABIDI, 19 ans, est le vice-champion de la troisième édition du Challenge de l’Eloquence. Dans la vie, il fait un DUT Information-Communication à Toulouse et aime la musique. Quels genres? “Tous les genres”, nous dit-il. Ce qui lui plaît aussi, c’est le cinéma. Et même si il a eu du mal à nous répondre concernant son réalisateur préféré, il a finalement opté pour le grand, le talentueux Martin SCORSESE.

Brahim LABIDI lors de la finale du Challenge de l’Éloquence ©Challenge de l’Éloquence

Participer à la finale de ce Challenge, il le voulait, il y croyait mais il n’osait pas se l’imaginer vraiment. Très timide et pudique à la fois, il reconnaît être une personne peu à l’aise à l’oral, “on dirait que je suis très à l’aise, mais la vérité c’est que je prends sur moi” affirme-t-il. Et pourtant, en ce mercredi 5 février, il a époustouflé un amphithéâtre rempli: jurés, professeurs, étudiants, parents…tous bluffés par sa prestation. 

Si ce résultat est le fruit d’un travail acharné, il craignait néanmoins que les gens qui l’écoutent ne comprennent pas bien, qu’ils se sentent accusé par son ton dénonciateur ou qu’ils voient à quel point il était stressé. Il ne pensait pas que son style serait tant apprécié, que ce soit pour la demie-finale ou la finale, c’était une énorme pression pour lui.

Les discours, il n’en a jamais fait, le challenge l’a complètement révélé. “Jamais je pensais faire un challenge comme ça” dit-il. La première fois qu’on lui a parlé du Challenge d’ailleurs, il était réticent, il affirmait: “Je le fais pas”. Jusqu’à ce qu’on l’y oblige. 

Dès le début, c’est sa volonté de faire de son mieux qui l’a poussé à gravir les échelons, un à un. Ce discours, il l’a fait au fur et à mesure, l’affinant avec le temps. Il est exigeant, appréhende ce moment: la veille il imagine tous les scénarios catastrophes possibles et imaginables: un lapsus mal placé, une chute lors de son entrée…et ce serait le drame.

Le jour de la finale, le stress le submerge, il passe dans peu de temps, il attend, attend et attend encore. Devant la porte, il récite une dernière fois son texte, complètement dans sa bulle, respire un bon coup avant de faire son entrée. Captivant, il interroge le public, se lance dans une prose sur “Quoi, qu’est ce qu’elle a ma gueule?”. Une performance pour le moins impressionnante: “les 5 premières secondes, quand tu arrives, tu te rends compte que tout le monde te regarde, t’as l’impression que t’es tout nu” confie-t-il. Mais une fois lancé, le public accroche, intéressé du début à la fin. L’unique regret de Brahim au final, c’est d’avoir fait une prestation trop courte: seulement 5 bonnes minutes alors qu’il en faisait 7 chez lui; le stress l’a mis en difficulté. 

Cependant, ce sont des petites difficultés pour un résultat improbable: non seulement il termine à la deuxième place du podium, mais surtout l’exercice lui a supprimé n’importe quel futur stress pour les prochains oraux. “J’en tire que du positif, je le referais les yeux fermés”, déclare-t-il avec un grand sourire. 

S’il a écrit tous ses discours en autodidacte, il a pu compter sur sa soeur, professeure, pour lui donner des conseils, de nouvelles pistes à explorer…Mais aussi sur ses professeurs à l’IUT. Monsieur Chaouch ( professeur en cours d’éloquence) notamment, qui lui a dit qu’il avait du potentiel et ça, ça lui a donné envie de “charbonner”.

Impressionné, Joakim Brabant (comédien présent lors des coachings des finalistes et membre du jury), lui a même demandé d’où venait ce don pour l’écriture et, une fois de plus, Brahim ne sait pas. 

L’école, ça n’a jamais été son fort, il revient de loin. C’est d’autant plus paradoxal pour lui de se voir à cette place qu’il n’a jamais été vraiment « scolaire ». C’est seulement depuis son entrée en DUT et le début du Challenge de l’Éloquence, qu’il prend plaisir à venir tous les jours et rester motivé pour “ses projets”.

La prochaine étape pour lui, c’est le concours national à Aix-en-Provence, désormais, il a conscience qu’il faut saisir les opportunités et savoir s’en accommoder. Et puis après tout,  qui sait, suggère-t-il, “peut être que j’y rencontrerais la femme de ma vie”.

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