D’Harry Potter à la réalité, il n’y a qu’un pas

Halloween approche et c’est l’occasion rêvée pour parler de notre sorcier préféré : Harry Potter. Il y a quelques semaines se déroulait la Fête de la Science 2020. Au programme, en plus de la projection débat du film Ponyo sur la falaise, se trouvait une soirée axée sur Harry Potter, intitulée « Harry Potter dans l’œil des experts » animée par l’association Science animation jeudi 8 octobre.

Si l’œuvre de J.K Rowling a participé à la création de l’imaginaire autour de la sorcellerie, les expert-es présent-es durant cette soirée ont montré que certaines références étaient là bien avant la saga. D’où vient la figure de la sorcière ? Les pratiquant-es de sorcellerie sont-iels lié-es au diable, comme on peut le voir dans Les Nouvelles Aventures de Sabrina ? Tant de questions auxquelles Nicolas Diochon, chercheur sur la sorcellerie, la possession démoniaque et les superstitions en Espagne à la fin de l’époque moderne, a été invité à répondre.

« Tu es un sourcier, Harry »

C’est ce qu’aurait dû dire Hagrid lors de sa rencontre avec Harry car le terme « sorcier » est apparu aux alentours du 11ème siècle avec la déformation du mot « sourcier », personne détectant l’eau souterraine avec une baguette ou un pendule. Avant d’être un sorcier, Harry serait donc un détecteur d’eau ambulant.

Souvent antonyme du christianisme, c’est au cours du Moyen-Âge que la figure de la sorcière va se construire. Ainsi, le Sabbat sera la fête où les sorcier-es partagent avec le diable autour de sacrifices, banquets et orgies. Une croyance dirait même qu’en prononçant le nom de Jésus, le Sabbat disparaîtrait.

Cependant, si on associe régulièrement magie et sorcellerie, il est important de dissocier les deux. En effet, la magie est un ensemble de croyances. Sous le terme « magie », on retrouve tout un catalogue de pratiques comme la magie blanche, la magie noire et, enfin, la sorcellerie, comme le montre l’anglais et les termes « witchcraft », sorcellerie à Sabbat, « magic » et « sorcellery ».

Pour pouvoir être sorcier-e, et pratiquer son art destiné à nuire, il est donc nécessaire de signer un pacte avec le diable, tandis que la magie est un savoir ancestral bénéfique qu’on apprend et dont la transmission se fait essentiellement à l’oral par le bouche à oreille. Les élèves de Poudlard ne seraient donc pas des sorciers, mais des magiciens.

Baguette, nimbus 2000 et familier

Qui dit Harry Potter dit Quidditch, nimbus 2000, Ollivander et, bien évidemment Hedwige. Mais, les vrai-es sorcier-es avaient iels des familiers, des baguettes et des balais en guise de moyen de locomotion ?

Enluminure représentant le vol de deux sorcières sur un balai et un bâton, dans Le Champion des dames de Martin Le Franc, 1451, via Wikipedia commons

Au Moyen-Âge, le-a sorcier-e était représenté-e en vol, généralement sur un animal. Puis, à partir de l’enluminure du Champion des dames Vaudoises, le-a sorcier-e va adopter le balais dans l’arc Alpin et l’est de la France.

La baguette, quant à elle, est aussi bien dans l’univers de J.K Rowling que dans la réalité un élément représentatif des sorcier-es. Tenant probablement son origine de la baguette de sourcier-e, la baguette est généralement divinatoire et donnerait la clairvoyance comme le montrent la carte du Bateleur, 1er arcane majeur du tarot de Marseille, ou la baguette d’or, ou Caducée, d’Hermès.

Enfin, qu’en est-il des familiers des apprenti-es sorcier-es ? Le crapaud, rat, chat et hibou sont-ils des animaux phares des sorcier-es ? La réponse est vite répondue, c’est oui. En effet, quand on parle de sorcier-es, on pense d’une manière générale aux créatures de la nuit et aux animaux noirs car ce qui est sombre ou vit dans l’ombre est forcément lié au diable. Ainsi, on retrouve parmi les animaux maudits le chat, les rapaces nocturnes comme le hibou et la chouette, le chien noir, la chauve-souris ou les oiseaux de la famille des corvidés comme le corbeau et la corneille.

Dans la vraie vie, les sorcier-es avaient donc des balais, des baguettes et des animaux associés. Malheureusement, rien ne prouve qu’iels s’affrontaient dans des matchs de Quidditch.

Pas de magie chez les moldus

Tout au long de la saga, on peut entendre cette règle : pas de magie dans le monde des moldus (personnes ne pratiquant pas la magie). Cette volonté de vivre caché ne vient pas simplement d’une envie de vivre entre soi et secrètement, mais est plutôt issue d’un souci de préservation de son espèce.

En effet, si dans Harry Potter le Ministère de la magie peut se permettre d’effacer la mémoire des moldus, la réalité et l’histoire nous a montré que c’est plus compliqué, comme le montrent le 16ème et 17ème siècle et ses chasses aux sorcières. Ces procès, souvent initiés par des voisins ou des proches des accusé-es leur reprochant de rendre malades les nouveaux nés, les enfants, de nuire aux récoltes ou encore de provoquer l’infertilité, portaient souvent sur la magie amoureuse et des filtres d’amour, la magie de guérison ou de richesse.

Une fois les accusations portées, on recherchait une marque, souvent une cicatrice, sur l’accusé-e, puis on la transperçait avec une aiguille : si la personne ne ressentait pas la douleur, cela voulait dire qu’iel était un-e sorcier-e. Pour confirmer ou infirmer les derniers soupçons, on plongeait les accusé-es dans un lac ou un fleuve et si iels remontaient à la surface, iels étaient des sorcier-es.

Ainsi, si Harry Potter est assez réaliste avec l’histoire de la sorcellerie, certains aspects de l’histoire ne sont pas réalistes puisqu’Harry n’est pas un sorcier, mais un magicien. Après l’histoire de la sorcellerie expliquée par Nicolas Diochon, la soirée Cult, que vous pouvez regarder en replay sur YouTube, continue avec le niffleur ou Buck l’hyppogriffe, avant de se terminer sur la pierre philosophale et l’histoire de l’alchimie.

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